1  posté le lundi 06 avril 2009 17:15

— Une épouse… C’est la seule solution.
C.K. Tanner haussa les épaules. Quelle idée farfelue !
— Vous êtes viré ! lâcha-t il, bougon, sans même lever les yeux.

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2  posté le lundi 06 avril 2009 17:17

Jeff Rhodes arbora un large sourire.
— Vous ne pouvez pas me virer. Je vous suis bien trop précieux… Comme D.R.H. et comme ami… Et c’est à ce double titre que je m’exprime. Oui, je ne vois pas d’autre option… Frank Swanson cherche un homme honnête et vertueux .

— le genre bon père de famille. Si vous tenez vraiment à acquérir les Confiseries Swanson, vous devez vous dénicher une madame Tanner au plus vite.

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3  posté le lundi 06 avril 2009 17:19

De son bureau, situé au trentième étage, il jouissait d’une vue panoramique sur Los Angeles . En ce mercredi d’octobre, un ciel limpide régnait sur la ville ; un soleil sans voile la chauffait…
Il s’était manifestement bercé d’illusions en imaginant que le rachat de cette société serait une simple formalité. Bon sang, ce contretemps n’allait tout de même pas l’arrêter ! Il n’était pas dans son caractère de capituler devant l’adversité. Bien au contraire, les challenges le stimulaient… Il voulait les Confiseries Swanson, il les aurait, point final !
Jeff, néanmoins, était dans le vrai. Il ne gagnerait pas s’il n’acceptait pas de faire des concessions, de revoir ses stratégies habituelles. Cette fois, il devrait aborder autrement les négociations…
Vendredi matin, il s’était envolé pour Minneapolis. Dernier candidat à se présenter dans la course au rachat de Swanson, il avait eu l’honneur de visiter l’usine, d’en apprécier les infrastructures et avait également fait la connaissance du père de la société, vrai génie du chocolat…

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4  posté le lundi 06 avril 2009 17:22

— J’ai eu une petite conversation avec Harrison, ce matin, dit Jeff, arrachant Tanner à ses pensées. Mitchell Harrison jouissait, comme lui-même, d’une réputation d’homme d’affaires impitoyable. Lui aussi avait jeté son dévolu sur Swanson et était prêt à surenchérir pour parvenir à ses fins. La propre société de confiserie d’Harrison était depuis toujours rivale de Swanson et Mitchell, en rachetant son concurrent de toujours, escomptait bien obtenir du même coup le quasi-monopole de ce secteur dans l’Etat. Or, ce cher Harrison, divorcé trois fois, passait dans toute la ville pour un incorrigible coureur de jupons. Et d’après la rumeur, Swanson semblait peu goûter ce genre de travers. On racontait même qu’il refuserait de traiter avec Harrison, quelle que fût son offre. Oui, le roi du chocolat paraissait extrêmement soucieux de moralité…
Jeff s’éclaircit la gorge.
— Dans l’éventualité où vous parviendriez à vous entendre avec Swanson, reprit-il, Harrison se déclare prêt à vous racheter la société pour une fort jolie somme.
— Je dois encore réfléchir à tout cela, marmonna Tanner entre ses dent
 Perplexe. A quoi donc se proposait-il de réfléchir ? Acheter, revendre, c’était bien là son credo, la méthode qui avait fait de lui l’un des hommes les plus puissants de la Cité des Anges. Alors ? Eh bien, dans ce cas précis, acheter à un homme le bien de toute une vie de labeur pour le revendre au plus offrant — à un individu qui en l’occurrence ne visait qu’à dissoudre la société —, eh bien oui, cette idée lui répugnait.
Que n’était-il un homme normal, dûment marié et bon père de famille ? Ce destin-là n’était pas pour lui… Et comment aurait il¬ pu l’être ? Car comment pouvait-on ainsi s’engager pour la vie, avec quelqu’un qui, forcément, un jour ou l’autre… Non, contracter un tel marché était un pari bien trop aléatoire sur l’avenir…
Il avait sur le sujet des opinions bien tranchées.
Nonobstant, si le fait de brandir une épouse comme on montre patte blanche servait à faire pencher, dans l’affaire Swanson, la balance en sa faveur… La fin ne justifiait-elle pas les moyens ?
— Euh, bien… Une épouse, certes, maugréa-t il. Mais qui donc ?
— J’avais songé à Olivia… suggéra Jeff.
— Non, impossible.
— Karen ?
— Trop agressive.
— Et cette actrice que vous fréquentez… ?
— Elle ne sait parler que de liposuccion et de régimes amaigrissants ! ricana Tanner en se levant.

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5  posté le lundi 06 avril 2009 17:23

Il avança jusqu’au bar et se servit un verre d’eau.
— En réalité, aucune de mes amies féminines n’a le bon profil… Il me faut une femme toute simple, aimable et douce, d’une élégance sobre. Cultivée mais surtout pas snob.
— Le portrait même de ces dames de Los Angeles ! ironisa Jeff. Et où donc peut se cacher cette perle ? A la bibliothèque, peut-être… ?
— C’est une idée…

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